Conseil

 

Voilà un article qui me trottait en tête depuis longtemps ! Pour une fois, ce n'est pas un conseil d'écriture à proprement parler, mais plutôt une réflexion, personnelle et collective. Comme les musiciens, peintres ou autres artistes, les auteurs peuvent changer de nom s'ils le souhaitent et opter pour un pseudonyme ou nom de plume. Tout d'abord, ne faisons pas d'amalgame : changer de nom comme auteur ne signifie en aucun cas que l'on n'assume pas ses écrits. Car chacun a une histoire et une manière de penser qui fait que ce choix se justifie. Personnellement, j'ai gardé mon véritable nom mais je comprends et respecte totalement ce choix d'en changer, que j'aurais pu faire aussi. 

Par le passé, beaucoup d'écrivains changeaient de nom pour des raisons qui sont aujourd'hui dépassées. Par exemple le temps où beaucoup de femmes prenaient des noms d'hommes simplement pour vendre davantage car les auteures n'étaient pas prises au sérieux. Ou encore en cas d'écrits trop politisés ou controversés, où c'était ainsi une manière de se protéger des autorités, comme le dit si bien Patrick Peronne : « J'ai gardé mon nom. Peut-être sous l'occupation ou sous un régime oppressif aurais-je fait un autre choix... »

Aujourd'hui, c'est surtout une histoire de convenance personnelle. Alors, comment faire un tel choix ? Qu'est-ce qui nous pousse en tant qu'auteur à garder son nom ou au contraire recourir à un pseudonyme ? Les raisons sont nombreuses, et personnellement, je me retrouve dans quasiment toutes les raisons qui peuvent pousser à garder son nom, mais également dans toutes les autres si j'avais dû faire le choix inverse. D'ailleurs je remercie les charmants auteurs qui ont bien voulu répondre à ma question sur les réseaux sociaux pour étayer cet article. Ça a été un échange très enrichissant, avec des résultats très partagés, et le plus intéressant est que beaucoup d'entre nous avons plusieurs raisons derrière notre choix (ce pourquoi vos citations entrent parfois dans différentes catégories). Je n'avais pas prévu que mon post aurait un tel succès car un nombre impressionnant d'auteurs a répondu. Aussi je n'ai pas pu reprendre toutes les citations mais vous pouvez les retrouver ici. Notons que les mêmes mots sont souvent revenus : protéger, assumer, préserver, dissocier, famille, professionnel, privé, liberté... Lumière sur tout cela.

 

Garder son nom...

 

Par transparence

 

La raison la plus simple faisant que beaucoup d'auteurs gardent leur véritable nom est par souci de transparence. Ils sont à l'aise avec leur nom et ne se posent pas forcément la question car le choix leur apparaît comme évident. Cela peut aussi être un moyen de se montrer authentique et entier vis-à-vis de leurs lecteurs. C'est le choix le plus naturel qui fait qu'on garde son nom, car vrai et simple. Personnellement, j'avais besoin de cela pour me sentir vraie et de m'assumer complètement. En changeant mon nom, j'aurais eu quelque part l'impression de me voiler la face, aussi étrange que cela puisse paraître. C'est un ressenti très personnel et chacun a le sien. Pour cela, je suis contente d'avoir gardé mon nom. Et je pense que c'est ce que veulent dire tous les auteurs qui disent avoir gardé les noms car ils assument leurs textes, expression qui peut être mal interprétée. Cela n'est pas pour juger ceux qui optent pour un pseudo mais pour dire qu'ils veulent se montrer tel qu'ils sont vraiment en tant qu'auteur et être humain, tout simplement.

 

« J'ai gardé mon nom parce que j'ai estimé que, quand j'écrivais, c'était sans masque. Alors mon identité était primordiale. » Corinne Rallo

 

« Mon premier roman est paru sous mon nom d'état civil, Giampiero Marongiu. Les autres sous le nom usuel dont m'affublent depuis toujours mes parents et mes amis. Dans les deux cas ce ne sont pas des pseudonymes. » Jean-Pierre Marongiu

 

« J'ai souhaité conserver mon vrai nom pour rester moi-même face au public, un humain sublimant sa condition d'humain par l'écriture et partageant cela avec d'autres humains qui ont parfois le même besoin. Ce que j'écris est de la fiction, mais je suis convaincu qu'il nous est impossible de se défaire totalement de ce que l'on est lorsque l'on écrit... »Teddy Hego

 

« J'écris sous mon vrai nom. Je n'ai pas pris de pseudo car je ne veux pas justement dissocier ma vie de femme et ma vie d'auteur. J'assume parfaitement ce que j'écris, et je me fous de l'avis des personnes qui pourraient critiquer. » Stéphanie Lebaillif

 

« J'ai gardé mon nom de jeune fille pour écrire parce que c'est sous ce nom que j'ai commencé à écrire ! Et je n'en changerai pas, peu importe le style de livres que j'écrirai. » Morgane Rugraff

 

« Je n'ai pas pris de nom d'auteur car personnellement, j'ai trouvé ça plus authentique pour mes futurs lecteurs »Thibault Beneytou

 

« J'ai opté pour mon vrai nom et prénom. Je n'ai rien à cacher et j'assume pleinement mes écrits. »Nelly Topscher

 

« Moi j'ai gardé mon vrai nom, car je trouve qu'un nom de plume c'est cacher sa réelle personnalité ou la personne que nous sommes. J'assumerai toujours ce que j'écris. »Laura Fleury

 

« J'ai gardé mon nom d'état civil. En fait, je n'aime pas les dissimulations et puis je pense que je devais bien ça à mes enfants. » Bruno Bouzounie

 

« J'ai gardé mon vrai nom car quand j'écris bien que j'écrive des fictions, ces livres sont de moi, font partie de moi et c'est un travail de longue haleine sur soi, sur notre univers. Et puis, je voulais être moi face au lecteur. »Juliette Dierckns

 

« J'ai gardé mon vrai nom parce que bon... concrètement, j'assume absolument tout ce que j'écris. »Marion Barril

 

« Je n'ai pas changé le mien car je suis le seul Jean-Mathias Xavier en France. J'ai juste rajouté et créé une marque qui s'appelle JMX de manière à ce qu'on sache que lorsqu'on dit JMX ou Jean-Mathias Xavier c'est à moi qu'on pensera. »Jean-Mathias Xavier

 

« Je suis fier de mon nom et de ce que j'écris, et n'ai absolument rien à faire des jugements que quiconque pourrait porter sur moi, famille ou boulot. »Thomas Palpant 

 

Pour honorer son nom de naissance

 

Un nom, c'est avant tout un symbole de notre famille. On met notre patronyme sur le devant de la scène à travers quelque chose de positif, et ainsi indirectement on honore notre famille. Voire on rend hommage à ceux qui ne sont malheureusement plus là pour nous voir réussir. Car c'est une fierté pour eux aussi je pense, et même peut-être d'autant plus. Moi, à ma première publication, j'étais fière, mais c'était surtout de la joie dans le sens où j'avais toujours écrit, et ainsi j'obtenais une « récompense » à quelque chose de naturel pour moi et qui me rend déjà heureuse sans même ce processus éditorial. Alors que ma famille a certainement dû éprouver de la fierté à la réussite en elle-même. Je me retrouve donc dans cette raison également. Pour moi, c'était avant tout un clin d'oeil familial. Et aussi de mettre en valeur mes origines sardes, rares en France en professions artistiques. 

 

« J'ai gardé mon nom car je tiens à assumer mes écrits et je n'oublie pas que mon nom a été celui de mon père qui aurait été très fier de le voir sur une couverture de roman. Il était un grand lecteur et m'a transmis sa passion. »Francisco Lozano

 

« J'ai gardé mon vrai nom, parce que j'ai perdu mon papa il y a 14 ans. Il me reste peu de lui et son nom en fait partie... Le garder c'est lui rendre hommage. »Leticia Maud Joguin Rouxelle

 

« Je n'imaginais pas faire ce pied de nez à des personnes aujourd'hui disparues. » Bruno Bouzounie

 

« J'ai gardé mon vrai prénom et vrai nom car c'est ce que m'ont légué mes parents alors pourquoi changer ? »Priscilla Emma Favier

 

« J'ai gardé mon vrai nom et mon vrai prénom. Parce que mon prénom est original et mon nom parce que mon père est un grand lecteur et je pensais toucher mon père en gardant son nom pour mon nom de plume. »Octavie Demanne

 

Et je suis également la dernière d'une lignée. Alors, on assure une sortie en fanfare, hein ! »Laurence Kayser 

 

Par fierté

 

Quand on devient auteur édité, on peut ressentir une certaine fierté, et c'est bien naturel, il n'y a aucun orgueil mal placé à éprouver cela. Personnellement, ce que j'ai ressenti en voyant mon premier livre pour la première fois en librairie et en caressant la couverture avec mon nom noté dessus, a été l'une des émotions les plus fortes de ma vie. Lorsque j'ai signé mon premier contrat d'édition, l'idée de prendre un pseudo d'auteur ne m'a même pas effleurée. D'abord, parce que je ne savais pas forcément que cela se faisait, et parce que c'était un tel accomplissement pour moi (mon grand rêve qui se réalisait, ni plus ni moins), que je ne pouvais pas imaginer voir un autre nom que le mien sur la couverture. C'est quelque part savoir qu'on laisse sa trace. Et quand on a toujours manqué de confiance en soi, ou que l'on a été rabaissé par le passé, je trouve que voir cet accomplissement avec son vrai nom, ça fait vraiment du bien et peut même être vécu comme une revanche personnelle. 

 

« J'ai gardé mon vrai nom car je suis fière de mes romans. » Julie Sachs

 

« Quand la révélation m'a été faite que je voulais devenir autrice, je me suis fait une promesse : mon prénom et mon nom resteront. Avant d'être reconnue par les autres, je veux moi-même me reconnaître en tant qu'autrice, me dire que j'y suis arrivée, que j'ai atteint ce rêve. » Alicia Alvarez

 

« Mon vrai nom et prénom car j'ai une revanche à prendre sur le lycée. »Lydie Wallon

 

« J'écris sous mon vrai nom car j'assume pleinement mes histoires » Lydie Lefevre

 

Par provoc'

 

Je n'avais pas pensé à cette raison avant de recevoir les témoignages de mes collègues, mais c'est vrai que certains peuvent faire d'un nom compliqué un atout, en jouer, s'en amuser. Et de la même manière, savons-nous toujours réellement si l'auteur utilise son vrai nom ou pas ? Car on ne peut que le croire sur parole finalement :)

 

« Mon nom réel est difficile à écrire. Alors, je l'ai gardé pour casser les pieds des journalistes. »Laurence Kayser 

 

« Même s'il est un tantinet trop long, j'ai fait le choix de ne pas prendre de pseudo. Histoire de, le jour où je serai aussi célèbre que King, Musso ou même Lévy, de voir la tête de mon éditeur quand il devra écrire mon nom en plus grand que le titre de mon roman. Oui, je suis joueur. »Rémy Gratier de Saint-Louis

 

 

Changer son nom...

 

Pour protéger sa vie professionnelle

 

Les écrivains qui prennent un pseudo d'auteur peuvent rester dans l'ombre en demeurant discret sur leur activité, sans y mêler leur travail, comme leurs projets, collègues, patients, clients, élèves, employés ou supérieurs, sachant que certaines professions en particulier ne s'harmonisent pas très bien avec la vie d'auteur. Surtout lorsque l'on écrit dans certains genres, notamment de l'érotique, où changer de nom est une manière de se protéger. C'est ainsi un choix très pertinent. 

Comme je l'ai dit, je ne regrette pas d'avoir gardé mon véritable nom, mais il y a des moments où cela me travaille. Tout d'abord parce que je suis enseignante et donc toutes les personnes que je côtoie quotidiennement, dont au travail (à raison d'environ 100 élèves par an parmi lesquels disons la moitié de nouveaux pour moi) chacun peut facilement me retrouver en tant qu'auteur rien qu'en tapant mon nom sur Google. Tout ceci me perturbe encore de temps en temps car ce n'est un secret pour personne, même si je dois avouer que généralement, dès que des élèves me « grillent » ils me complimentent et me soutiennent en me disant qu'ils (ou leurs parents) comptent acheter tel de mes livres.

Et je pense que si on joue la carte de l'anonymat pour se protéger professionnellement, il faut le faire à fond car à l'ère des réseaux sociaux, retrouver quelqu'un, même avec un pseudo, est très facile. Les connaissances, les photos... cela va très vite et lorsque cela se sait, c'est trop tard, comme le dit Julie Baggio :« Il suffit de chercher sur Internet pour trouver le vrai nom et prénom d'une personne alors pourquoi en changer ! Mais je changerai peut-être d'avis un jour. »

 

« J'ai choisi un pseudo par rapport à mon boulot de flic. Je suis enquêteur à l'anti-banditisme de Bruxelles et je préfère éloigner mon vrai nom de mon visage plus médiatisé. »Jack Jakoli

 

« J’ai écrit sous le pseudonyme de Lawrence Tajevot, simplement dans un souci de discrétion et de totale liberté, car je voulais être libre d’écrire ce que je voulais comme je le voulais, sans me soucier de ce que les entreprises qui m’employaient pouvaient penser. Aujourd’hui, les choses ont changé, je n’ai plus ce problème… »Olivier Vojetta 

 

« J'ai changé parce que je suis psychothérapeute et je ne voulais pas mélanger l'écriture et mes patients. »Mary Sara

 

« Nom de plume, avec mon vrai prénom, et un nom composé qui a du sens pour moi. Pourquoi ? Par volonté de rendre hommage à des êtres chers, et pour conserver ma vie privée lorsque je travaillais au sein d'une école supérieure. Cela n'a rien à voir avec assumer ou non, mais professionnellement, c'était plus commode ainsi. »Blandine Pmarti

 

« J'ai pris mon vrai prénom mais au lieu de mon nom complet un pseudo car je ne veux pas que mes patrons ou autres me reconnaissent »Coraline Gage

 

« J'ai pris un nom de plume tout simplement parce que je travaille dans un milieu où on donne son nom de famille facilement et je n'avais pas envie que mes deux activités puissent se croiser. »Adeline Dias

 

« Pseudo, pour des raisons professionnelles principalement. Et puis comme ça je fais revivre une branche de ma famille qui s'est éteinte. »Penny Watson Webb

 

« En érotisme, nous sommes nombreux à écrire sous un nom de plume, car ce n'est pas compatible avec certaines professions ou situations de famille ! »June Summer

 

« Je travaille sous pseudo car je révèle des vérités sur mon métier : consultant ! »Ed Arty

 

« C'est un mélange de mon prénom (que j'adore) et du nom d'aïeux pieds-noirs espagnols. J'aime changer régulièrement de boulot et même si je parle ouvertement de mes romans, je ne souhaite pas que mon employeur tombe sur de la New Romance avant de me connaître. »Elodie Solare

 

« J'ai il y a quelques années signé des articles scientifiques sous mon véritable nom et je ne tenais pas à mélanger ma vie professionnelle et l'écriture "loisir", même si je ne m'en cache pas vraiment. »Selena Dubh

 

« Vrai prénom mais pseudo pour le nom. Pour mon emploi, je dois garder une certaine discrétion sur ma vie perso mais je ne voulais pas me censurer pour répondre aux questions posées par les lecteurs alors le pseudo était une bonne alternative. » Gwenaelle Delange

 

Pour protéger sa vie privée 

 

Il est tout à fait légitime d'opter pour un nom de plume pour protéger sa vie privée. Cela peut simplement être pour faire la distinction entre l'écrivain et la personne en nous. C'est une forme de détachement et de modestie tout à fait honorable et une manière de se préserver car, avouons-le, en gardant son véritable nom, on est plus exposés, et peut-être plus vulnérable. Prenons l'exemple de chroniques de livres négatives : je pense que l'on peut plus facilement se sentir visé personnellement (même s'il ne faut pas) par une mauvaise critique utilisant notre véritable nom. C'est un réflexe naturel et humain. Le pseudonyme est une sorte de bouclier face à cela. 

Mais cela peut également être pour préserver sa famille ou même des enfants qui n'ont rien demandé. Avec un nom de plume, on ne les mêle pas à son activité et cela reste quelque chose de totalement personnel, car après tout, y a-t-il plus personnel que le métier d'écrivain ?

 

« Nom de plume. Parce que je n'avais pas envie qu'on sache que j'écris dans ma famille (pour éviter tout jugement). Mais nom de famille inspiré de celui de ma grand-mère maternelle. »Alessia Jourdain

 

« J'ai pris un nom de plume afin d'être la seule impliquée et laisser ma famille tranquille. En plus, j'ai de nombreux homonymes et ça aurait été ennuyeux. » Sophie Capitelle 

 

« Je publie sous pseudo parce que je voulais dissocier ma vie perso et ma vie d'auteur... Je voulais (dans l'optique que je sois un peu plus connue un jour) que mes enfants puissent avoir le choix de dire ce que je fais ou pas... » Lena Jomahé

 

« Comme j'écris des romans avec beaucoup de scènes de sexe, c'est mieux pour la famille. »Jean-Yves Le Quéau

 

« J’ai gardé mon vrai prénom et mon nom est un pseudo, pour bien dissocier mes deux vies, pour bien couper ! Mon pseudo est une association des deux prénoms de mes filles. »Barbara Laurame 

 

« J'ai décidé de choisir un nom de plume afin de distinguer ma vie personnelle de mon activité professionnelle. Je ne souhaite pas que mes contacts perso mettent le nez dans mes livres. » Mayday MC

 

« J'ai une ado et deux loulous plus petits, je ne voulais pas qu'ils entendent 'ta mère écrit des scènes / des livres porno, etc.' C'est pour eux que j'ai pris un pseudo parce que perso j'assume totalement mes dark. » Marion Fenice

 

« J'écris sous un nom de plume. Car je tiens à garder l'anonymat au cas où je deviendrai célèbre ;) »Crista Lockwood

 

« J'ai gardé mon vrai prénom mais j'ai pris le nom de famille de mon personnage fétiche sur mes jeux de rôles car je ne veux pas être ennuyée dans ma vie privée ou pro. »Laeti Kane

 

« Nom de plume pour moi. La raison est très simple, ne pas mélanger privé et perso. Lorsque ton nom apparaît sur tes livres, tu es beaucoup plus exposé. Mais ça ne m'empêche pas de le donner lorsque les gens apprennent que j'écris, aucune honte là-dessus. Le dernier en date : ma banquière lol. »Nelly Weaver

 

Pour l'aspect commercial ou esthétique

 

Il y a des cas où prendre un pseudo d'auteur s'avère une nécessité. Par exemple, pour éviter les préjugés : lorsqu'on a un nom difficile à porter qui nous a souvent valu des railleries dans notre enfance. Un nom trop courant, trop long, compliqué, étranger, ou difficile à prononcer sont des raisons répandues également. Je pense aussi aux noms célèbres, que ce soit tristement ou non, qui ont en tous les cas déjà une connotation. De même, un nom original et qui claque se démarquera plus qu'un nom tout à fait basique. Et vous pouvez même l'adapter au genre que vous proposer pour être en totale corrélation avec vos textes : un nom romantique, féerique, mystérieux, énigmatique... 

 

« C'est mon vrai prénom et seulement les initiales de mon nom de famille. Je trouvais ça plus esthétique. »Na Hisse

 

« J'ai pris un nom de plume qui pour moi fait plus rêver. »Sonia Frattarola

 

« J'écris avec le diminutif de mon prénom et un nom de plume. Mon vrai nom est compliqué à dire. »Caro Handon

 

« Ayant un nom de famille très courant, et voulant préserver ma vie privée, j'ai gardé le diminutif de mon prénom et associé les 3 premières lettres de mon nom de jeune fille avec les 3 dernières de mon nom d'épouse pour mon nom d'auteur. »Laurie Staret

 

« Marc Galan est un pseudo. Une lettre sur deux me parvenait avec une erreur dans mon patronyme. » Marc Galan

 

« Nom de plume ! Parce que mon nom/prénom ne sont pas assez sexy pour de la romance ! »Tina Muir

 

« Je ne garde que mon prénom pour l'artistique. Je veux distinguer ma vie d'artiste de ma vie de femme et mère, et mon nom de famille était très courant, je ne crois pas que ce soit une bonne façon de sortir de la masse. Alors que mon prénom et son initiale sont moins répandus. Et il représente juste moi, pas ma famille, donc je trouve cela plus sympa. » Oriane Quillqueen

 

« Nom de plume, tout simplement la contraction de mon prénom et de celui de mes filles ! Parce que mes vrais prénoms sont trop longs et qu'il y en a pas mal. » Céanny

 

« J'ai changé parce que c'était trop long. »Aurélia Evangelaire

 

 

Pour se libérer de son identité

 

Un écrivain est un créateur, et cela peut même devenir un jeu. On peut ainsi créer une nouvelle partie de soi, voire un nouveau soi, indépendant de lui en tant que personne. Ainsi libre, comme si on était déguisé, on peut oser davantage, se surprendre soi-même, cheminement qui peut être très intéressant et bénéfique à ses écrits. 

 

« Il y a quelque chose d'excitant à se créer une nouvelle identité. »Lena Jomahé

 

« J'adore mon pseudo, et il incarne pour moi ce que j'écris avec ainsi plus de liberté et de suggestion, dans ce cadre érotique... » June Summer

 

« L'autre raison était de vouloir faire vivre une part de moi de manière assez détachée de celle de base. »Mary Sara

 

« Ecrire et surtout publier a été une forme de nouvelle vie, une renaissance pour moi, donc choisir un nouveau nom me paraît cohérent. »Charlotte Adam

 

« Nom de plume car quand j'écris, je ne me vois pas comme la même personne que je suis tous les jours. »Armelle Hanotte

 

En utilisant plusieurs noms

 

Il y a également les cas d'auteurs ayant commencé avec leur véritable nom, ou même un nom de plume, et qui souhaitent en changer. Pour repartir de zéro dans le monde littéraire, ou se refaire une virginité éditoriale comme on dit. Parce qu'on a eu de mauvaises expériences, qu'on n'assume pas sa réputation ou certains livres qu'on a pu écrire.

Lié à cela, il y a le fait d'utiliser un autre nom pour un autre genre de romans que celui qu'on écrit habituellement, et ainsi jongler avec les identités. Par exemple, beaucoup d'auteurs prennent un pseudonyme pour leurs romans érotiques, ce qui est parfaitement compréhensible. Certains auteurs ont même plusieurs pseudos mais le risque de s'y perdre, personnellement et administrativement, de multiplier les comptes des outils de communication (site, page Facebook, Instagram, etc.), et de dérouter son lectorat. Cela dit ces auteurs semblent parfaitement à l'aise et même s'amuser de leurs multiples identités.

 

« Pour mon roman jeunesse, c'est mon nom de plume qui a été choisi. Pour ma nouvelle, mon vrai nom »Nadège Chipdel

 

« Initiales pour mes polars... Et pseudo pour mes romans pour adultes. »Jpb Romancier Bou 

 

« Pour moi il y a mon nom au dos des livres et mon pseudo sur la couverture »Zéphylyne Saint

 

« J'écris sous mon vrai nom pour mes Thrillers. Pour le moment, ça restera ainsi. »Benjamin Bello

 

« J'ai plusieurs noms (beaucoup même) et utilise mon vrai nom de temps en temps. »Alex Camarone 

 

« Nom de plume, pour ne pas mélanger mes romances historiques avec mes écrits antérieurs. »Anna Lyra 

 

« Un nom de plume qui m’appartient et qui ne sera pas le dernier... »Louise Chardin

 

Pour se détacher de son passé

 

En changeant de nom, on se libère en quelque sorte de son identité, en laissant le passé de côté. Les raisons peuvent être personnelles, par exemple lorsqu'on n'assume pas son nom pour des raisons familiales compliquées. Mais pour aller plus loin, en changeant de nom, on laisse de côté ce qu'il représente : sa famille, ses origines, son passé... Et également une partie de soi quelque part. Mais cet abandon peut être bénéfique, comme une renaissance en tant qu'auteur.

 

« J'ai gardé mon vrai prénom et un faux nom car je ne voulais pas que mon passé (nom de famille) soit rattaché à ce que j'entreprenais et que certains membres que je ne côtoie plus soient peut-être un jour au courant. »Wendy Thévin 

 

« C'est un pseudo (la traduction de mon vrai prénom) tout simplement pour pouvoir exister par moi-même et ne pas attribuer ma "réussite" (elle est petite ^^) à ma famille qui ne m'a jamais soutenue, voire m'a jetée parce que je suis différente d'eux. C'est une protection de ma vie perso en gros. » Blanche Edenn

 

Un pseudo, oui, mais lequel ?

 

Si vous optez pour un pseudo, il n'y a aucune règle pour le choisir. Il y a une infinité de choix possibles. Beaucoup d'auteurs gardent leur prénom mais changent leur nom de famille, d'autres changent le tout. Anagramme de leur propre nom, hommage à un proche disparu, surnom, traduction étrangère de son nom, mélange des prénoms de ses enfants, nom de jeune fille de leur mère, leur nom avec une orthographe différente, abrégé, avec des initiales... Il y a également des auteurs qui n'utilisent que leur prénom seul. Ou un nom complètement inventé, emprunté à quelqu'un que vous aimez ou admirez. Les possibilités sont infinies. Si j'avais dû faire ce choix, je me serais éclatée ^^ En tous les cas, un nom de plume peut vous suivre longtemps, et il me paraît nécessaire de le choisir avec soin, quitte à y passer du temps. Pour certaines personnes, leur pseudo a une histoire forte de symbolisme et leur colle à la peau, au point d'en devenir une part d'eux-mêmes, peut-être plus que leur véritable nom... 

 

« Pour ma part, j'ai choisi de prendre un pseudo, mais un pseudo important pour moi, que j'utilise depuis des années. » Sybelia

 

« C'est une contraction de mon nom de jeune fille / mariée. Mon nom de jeune fille est trop commun à mon goût et le nom de mon mari ne m'appartient pas vraiment »C. Sizel

 

« Pseudo, en hommage à ma défunte grand-mère. J'ai commencé à écrire en voulant que ses histoires ne meurent pas avec elles. Je voulais faire comme un relai. »Rita

 

« J'ai gardé mon vrai prénom (enfin le diminutif par lequel tout le monde m'appelle) mais pas le nom de famille pour des raisons professionnelles. Mon pseudo est un hommage à la première romance historique que j'ai dévorée. »Gwen Delmas

 

« Pseudo. Je voulais faire un jeu de mots avec mon prénom et un mixte de mon nom de jeune fille et mon nom d'épouse (Kay T. Tryon). C'est mieux que mon vrai nom en tout cas je trouve. » Ketty Noizet

 

« Mon vrai prénom et un pseudo, autant pour dissocier vie publique et vie privée que parce que mon pseudo est un anagramme du prénom de ma maman. C'est une façon de lui rendre hommage puisque c'est elle qui m'a donné le virus de la lecture et de l'écriture »Sandra Triname 

 

« Moitié moitié. Soleano est un pseudo mais Rodrigues est mon vrai nom de famille. J'ai gardé Soleano et non Solenne (mon prénom) parce que c'est un mix entre mon prénom, celui de mon mari et de notre fils et ça a une symbolique pour moi d'avoir mes hommes dans mon nom de plume. »Soleano Rodrigues

 

« Pseudo. En hommage à ma maman qui a fait un AVC et qui m'a toujours épaulée et soutenue dans ma passion. »Silvia Reed

 

En conclusion

 

Le choix d'un nom de plume ou non est donc très personnel et dépend beaucoup de la manière dont, déjà, vous vivez avec votre véritable nom, mais aussi de la façon dont vous envisagez votre vie d'auteur ; discrète ou non, à séparer de votre vie personnelle ou en faisant partie intégrante, etc. Garder ou changer, il y a certainement des avantages et des inconvénients aux deux. Quel que soit votre choix, c'est le bon, car c'est le vôtre, que personne ne peut venir juger et que tous doivent respecter. 

Personnellement, avoir gardé mon véritable nom me convient, même si je suis par conséquent totalement transparente dans mon métier de professeure. Néanmoins, le jour où je me marierai, je compte utiliser mon nom d'épouse pour toute ma vie administrative et dans mon travail (oui, je suis très traditionnelle ^^) En revanche, je garderai mon nom de jeune fille pour mes écrits, car c'est avec lui que je suis née et que j'ai commencé à écrire, et cela permettra de faire la distinction. Et je pense que beaucoup de mes collègues féminines optent pour ce compromis. 

Je finirai par cette citation très juste d'Alicia Alvarez « C'est un choix, un combat personnel que chacun est libre de réussir à sa manière. »

 

Et vous ? Nom réel ou nom de plume ? Qu'est-ce qui a motivé vos raisons ? Si vous avez un nom de plume, d'où vient-il ? Et si vous êtes aspirant écrivain, avez-vous déjà pris votre décision ?