Quand prendre le temps d'écrire ?

 

Écrire un livre demande du temps et de l'investissement. Vous n'irez pas très loin si vous n'y consacrez qu'une heure par mois, un dimanche matin pluvieux. Cela aboutira peut-être, mais ne nous leurrons pas, écrire, comme n'importe quelle passion, mérite de pouvoir s'y consacrer pleinement, au contraire d'un simple passe-temps.

 

Trouver le temps

 

Quel que soit notre mode de vie, étudiant, travailleur avec un métier très prenant, parent d'enfants en bas âge ou autre, nous sommes nombreux à avoir des journées bien remplies. Mais ne soyons pas hypocrites, il reste toujours du temps quelque part. Si celui-ci est rare et précieux, il faudra l'organiser au mieux, définir des plannings... et s'y tenir. Cela évitera d'avoir à écrire à la sauvette avec l'impression inévitable de ne pas avancer, et le risque de se décourager.

L'écriture est une activité à part entière et elle mérite que l'on s'y consacre pleinement. Ce n'est pas parce que vous êtes assis à l'ordinateur qu'on peut vous déranger à tout bout de champ. Dites à vos proches que pendant un laps de temps défini, vous avez besoin de concentration pour travailler sur votre roman et ne voulez pas être embêté, coupez votre téléphone si besoin, voire Internet (en-dehors des sites utiles pour écrire), ou au moins les réseaux sociaux qui, honnêtement, nous font perdre un temps fou. Faites-en une priorité d'autant plus sacrée si vous disposez de peu de temps par jour ou par semaine.

 

Trouver le moment

 

Dans l'idéal, choisissez un moment de la journée où vous sentez que vous êtes le plus productif. Pour beaucoup d'écrivains, c'est tard le soir, voire la nuit. Dans mon cas, c'est le matin, après mon petit déjeuner. C'est mon moment préféré de la journée, et comme je me sens reposée et en forme, j'écris souvent plus efficacement qu'à un autre moment. Et comme je suis une lève-tôt, même les jours où je travaille, il m'arrive d'écrire quelques lignes avant de partir travailler.

 

Planifier

 

Si vraiment, vous avez le projet d'écrire mais vous trouvez dans une période impossible où vous êtes déjà pris par de nombreux impératifs et projets, reportez, mais faites-le intelligemment. J'ai toujours écrit, mais j'ai arrêté quelques années, au début de la vingtaine, pour me consacrer à d'autres choses qui à l'époque étaient primordiales et ne pouvaient pas attendre : mes études, ma vie sociale, mes projets ponctuels, mes premiers temps dans le monde du travail... pour finalement reprendre vers la fin de la vingtaine. Cette coupure paraît énorme, mais durant cette période, je n'ai jamais cessé de penser mes écrits, de nourrir des idées... Et j'en ai d'ailleurs profité pour acquérir de l'expérience, que ce soit d'un point de vue personnel (rencontres, voyages, découvertes et surtout maturité...) ou techniques (lectures, études littéraires...) Et comme en parallèle j'avais toujours écrit, de mon enfance à mon adolescence et ne manquais jamais une occasion de le faire (qu'il s'agisse simplement de mails ou de petits récits de vacances), je savais que je ne perdrais pas la main.

Et surtout, j'avais la certitude de disposer de temps dans le futur. Je vous confie un secret qui n'en est plus un depuis que j'ai réussi à mener à bien mon projet, mais mon choix de devenir enseignante n'est pas anodin. Au-delà du fait que c'est une véritable vocation, qu'enseigner et passer mes journées entourée d'adolescents me plaît, c'est également un métier « clé » quand on décide de devenir écrivain. Outre le fait que beaucoup de mes écrivains préférés, morts ou vivants, sont ou étaient professeurs, ce métier offre tellement de temps libre que c'est idéal. Seize semaines de vacances par an. Seize semaines à pouvoir se dédier corps et âme à l'écriture. Bien sûr, ce n'est pas mon cas. Je fais d'autre chose : je passe du temps avec mes proches, me consacre à mes autres activités, pars en vacances, accessoirement prépare mes cours, mais j'avoue qu'une grande partie est consacrée à l'écriture. Malgré ça (j'y reviendrai) l'inspiration et l'envie ne surgissent pas toujours au moment le plus opportun, donc il faut être préparé au fait que c'est quelque chose d'aléatoire, et savoir travailler efficacement, tout en restant motivé.

 

Se fixer des délais

 

Définir une échéance précise pour l'écriture d'un roman est très délicat. Selon le genre, les recherches, la longueur, votre rythme et le temps dont vous disposez quotidiennement, cela peut varier de quelques semaines à plusieurs mois, voire des années ! Je parviens à tenir un rythme de quatre ou cinq mois pour la rédaction d'un premier jet de roman, mais c'est aléatoire, et si vous ne parvenez pas à voir aussi loin, surtout si c'est votre premier roman, fixez-vous des petits délais. Par exemple, une semaine pour écrire ce chapitre, deux heures pour finir telle scène... C'est personnel, mais je vous suggère de penser en étapes (chapitre, moments clés) qu'en nombre de pages ou de mots, car cela risquerait de vous faire privilégier la quantité sur la qualité. En tout cas, fixez-vous des délais, qui feront également office de petits défis, et qui vous feront avancer tout en vous motivant.

Si vous avez un lectorat qui vous suit pendant la rédaction, c'est encore mieux ! Que celui-ci soit virtuel ou réel, il n'y a rien de tel pour rester motivé. Je suis une auteure qui préfère ne montrer ses textes qu'une fois finis (au moins le premier jet), ce qui fait que je suis seule face à la rédaction. Mais si vous avez des bêta-lecteurs qui vous suivent en cours d'écriture, s'ils font bien leur travail, ils sauront vous encourager, voire vous harceler, pour que vous écriviez la suite sans tarder, surtout si cela leur plait ;)

 

Accepter l'inspiration imprévue

 

Faut-il être fou pour repousser une inspiration, même si elle tombe au mauvais moment ! Je suis sûre que je ne suis pas la seule dans ce cas, mais parfois, je peux disposer de plein de temps et pourtant, ne pas avoir l'inspiration ou juste l'envie d'écrire, et alors que je suis en pleine période de rush avec du travail, c'est là que toutes les idées arrivent ! Eh bien il faut, dans la mesure du possible, les accueillir et au moins les exploiter au minimum pour ne pas qu'elles s'échappent (pour ne plus jamais revenir), quitte à les détailler quand vous aurez davantage de temps. Les bonnes idées qui passent à l'improvise ne repassent pas forcément...

 

Et vous, comment gérez-vous cette épineuse question du temps, pour écrire ?